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Interview pour Spin (notes)Modifier

Hal Clement : À présent, j'aimerais que nous aborderions le sujet de la physique quantique.

Dr Vladinir Eguesoe : Eh bien, la physique quantique est souvent considérée comme l'une des branches les plus nébuleuses de la science. À tort, selon moi.

HC : « Nébuleuse » ? Dans quel sens ?

Dr VE : Le but de la physique quantique, la raison pour laquelle cette branche a été développée, était l'étude de l'univers à l'échelle subatomique. En effet, alors que les physiciens commençaient à s'intéresser aux particules qui constituaient les atomes -et, peut-être, éventuellement les particules constituant ces particules-, ils s'apercevaient que les… hum… les « règles » de la physique classique, pour ainsi dire, ne parvenaient pas à expliquer certains phénomènes.

HC : Comme l'effet photo-électrique.

Dr VE : Tout à fait. Hors, pour en revenir à votre question, il est rapidement apparu que les phénomènes que l'on observe dans le cadre de la mécanique quantique sont tout simplement inexplicables par la physique classique, ce qui ne fut pas du goût de bien des physiciens. Prenons l'exemple du principe de contrafactualité…

HC : Qu'est-ce au juste, docteur ?

Dr VE : Hum, c'est assez compliqué. Pour résumer, c'est un principe que nous intégrons dans nos expérimentations, et selon lequel des expériences qui n'ont pas eu lieu -donc contrafactuelles-, et dont les résultats auraient été négatifs, ont malgré tout une influence sur les expériences qui ont bel et bien eu lieu -donc factuelles.

HC : Attendez… Si j'ai bien compris… Des choses qui n'existent pas influencent des choses qui existent ? Comment est-ce possible ?

Dr VE : C'est assez complexe. La meilleure façon d'illustrer ce principe est l'expérience de pensée proposée par Elitzur et Vaidman. [Note du rédacteur : J'ai viré cette partie. Nous sommes un magazine de vulgarisation, nous ne pouvons espérer de nos lecteurs qu'ils comprennent des concepts avancés de physique théorique. Pour ne rien arranger, l'expérience mentionnée est en fait plus difficilement compréhensible que le phénomène qu'elle est sensée illustrer.] En conséquence, même lorsque les photons atteignent bel et bien leur cible, celle-ci peut ne pas les détecter. L'expérience a été réalisée avec succès en 1994.

HC : Cela paraît…

Dr VE : Insensé ?

HC : J'allais dire « contre-intuitif ».

Dr VE : S'il y a une chose que la science nous apprend, c'est que la réalité est contre-intuitive. La mécanique quantique bien davantage. Un excellent exemple de ce fait est ce que nous appelons la dualité onde-particule, ou dualité onde-corpuscule, selon lequel les particules subatomiques se conduisent en fait comme des ondes électromagnétiques, comme la lumière ou le son. C'est très étrange de se dire que même la matière la plus solide est en fait constituée d'ondes...

[...]

Hal Clement : La téléportation ?

Dr VE : Instantanée, tout à fait. Enfin, à l'échelle subatomique, elle est avérée. Et ce n'est pas le plus étonnant. Prenez par exemple les électrons.

HC : Les particules à charge négative ?

Dr VE : Exactement. Eh bien, avant la mécanique quantique, nous étions incapable de les observer vraiment. C'est pourquoi l'on parlait de « nuage électronique » pour désigner leur position, celle-ci étant impossible à connaître précisément. Mais, à présent que nous pouvons les observer de près -d'assez près, en tous cas-, nous avons découvert qu'ils possèdent une propriété des plus fascinantes. Un électron est capable de se dissocier en deux morceaux distincts.

HC : Tout en demeurant une seule et même particule.

Dr VE : Tout à fait ! Et il y a plus incroyable encore. Toute chose ou changement d'état affectant l'un des morceaux affecte instantanément l'autre morceau, comme si les deux ne faisaient toujours qu'un.

HC : Vraiment ? Comment est-ce possible ?

Dr VE : C'est là l'une des nombreuses questions sans réponse soulevées par les découvertes de la mécanique quantique, et pas l'une des moindres.

HC : Serait-il possible, même en théorie, d'utiliser ces propriétés ? De… maîtriser la téléportation, aussi incroyable que cela puisse paraître ?

Dr VE : Ah… Vaste question. Et avant de pouvoir y répondre, il faudra trouver la réponse à celle-ci : pourquoi les lois de la physique semblent-elles si différentes pour l'univers microscopique et l'univers macroscopique ? Pourquoi ? Celui ou celle qui trouvera la réponse… Ah ! Qui sait ce qu'il découvrira d'autre ?

[...]

Dr VE : Le paranormal ? Non, je n'y crois pas réellement. En premier lieu, c'est une notion trop vague. Ce que je crois, cependant, c'est que, régulièrement, des gens voient des choses qu'ils ne comprennent pas. Dans ces cas-là, le réflexe naturel est d'associer cette perception à quelque chose que l'on connaît -que cette chose soit ou non réelle.

HC : Vous ne croyez pas en quelque chose de supérieur au monde naturel ?

Dr VE : Je crois avant tout que nous ne savons pas tout de ce monde naturel, et qu'en conséquence il serait assez prématuré de décréter que tel ou tel phénomène est surnaturel, ou en tous cas que l'explication de tel ou tel phénomène est surnaturelle.

[…]

Dr VE : On raconte souvent que les savants matérialistes le sont parce qu'ils ont peur du paranormal, ou de quoi que ce soit qu'ils ne peuvent expliquer. Rien n'est plus faux. En fait, il n'est pas un véritable physicien qui ne se damnerait pour avoir l'opportunité d'observer quelque chose que la physique -classique ou quantique- ne pourrait expliquer. J'irais même jusqu'à affirmer que moi, personnellement, je serais prêt à vendre mon âme au Diable pour observer un phénomène qui défie ce que nous croyions savoir de l'univers.

HC : [rires] À ce point-là ?

Dr VE : [rires] Ah… oui, enfin, façon de parler, bien sûr.


 Répondeur de Eguesoe Modifier

VOUS AVEZ SEPT NOUVEAUX MESSAGES.

PREMIER MESSAGE.

**BEEP**

« Oui, bonjour, ici Hal Clement, de la revue Spin. Je vous appelais juste pour confirmer la publication de notre entretien dans le numéro 351, qui sera mis en vente à partir du 31 de ce mois-ci. Nous vous en enverrons naturellement un exemplaire par la poste. Je dois dire que ça a été un réel plaisir de faire votre connaissance. J'ai appris beaucoup de vous, et j'espère que nos lecteurs en feront autant. »

**BEEP**

FIN DU PREMIER MESSAGE.

DEUXIÈME MESSAGE.

**BEEP**

« Oui, Eguesoe ? C'est Montgomery. Dites, je comprends que vous n'aimiez pas beaucoup les réunions qu'on organise au centre -Dieu sait que moi aussi, ça m'ennuie prodigieusement-, mais tout de même, vous auriez pu avoir l'amabilité de téléphoner pour nous dire que vous ne viendriez pas. Douglas n'a pas apprécié. J'espère que ça tient toujours pour samedi soir. Marigold va faire du poulet au gingembre. Rappelez-moi. »

**BEEP**

FIN DU DEUXIÈME MESSAGE.

TROISIÈME MESSAGE

**BEEP**

« Eguesoe ? Eguesoe, vous êtes là ? Non, non, c'est encore sa boîte vocale. Bon, Eguesoe, je sais que vous êtes devenu célèbre et tout ça, mais ça n'excuse pas le manque de bonnes manières, d'accord ? J'ai attendu votre coup de fil toute la semaine. Si vous êtes fâché avec les téléphones, essayez au moins d'envoyer un e-mail. Ou un fax. Ou même un pigeon voyageur, que sais-je ? Enfin, bon, bonne journée et à lundi. »

**BEEP**

FIN DU TROISIÈME MESSAGE.

QUATRIÈME MESSAGE

**BEEP**

« Bon sang, c'est pas vrai. Eguesoe ! Où êtes-vous passé ? J'espère que ce n'est pas encore une de vos plaisanteries. Tout le monde s'inquiète, ici. Si vous ne répondez pas cette fois-ci, je vous jure que je vous envoie quelqu'un. »

**BEEP**

FIN DU QUATRIÈME MESSAGE.

CINQUIÈME MESSAGE.

**BEEP**

« Vous avez triché, Eguesoe. Que Dieu ait pitié de vous. Vous avez triché. Et vous, mieux que quiconque, devriez savoir ce qui se passe quand on enfreint une loi. »

**BEEP**

FIN DU CINQUIÈME MESSAGE.

SIXIÈME MESSAGE.

**BEEP**

« 9. 12. 19. 14. 15. 21. 19. 5. 3. 15. 21. 20. 5. 14. 20. 21. 20. 9. 12. 9. 19. 5. 12. 5. 3. 15. 4. 5. 3. 5. 19. 1. 18. »

**BEEP**

FIN DU SIXIÈME MESSAGE.

SEPTIÈME MESSAGE.

**BEEP**

« 10. 5. 22. 15. 21. 19. 22. 15. 9. 19. »

**BEEP**

FIN DU SEPTIÈME MESSAGE.

Notes de Brandon MayhewModifier

12 mai 2015

5:53 A.M. Toujours pas de nouvelles de Vlad.

Je suis sorti à l'épicerie, aujourd'hui. J'ai à présent des rations pour plusieurs semaines, mais les piles que j'ai acheté pour mes lampes-torches ne sont pas les bonnes.

L'épicerie était complètement vide à l'exception du caissier. Il m'a fixé du regard pendant tout le temps que j'étais là. Son visage était totalement inexpressif, mais il y avait quelque chose dans son attitude qui m'a mis mal à l'aise. Je crois pas l'avoir vu cligner des yeux une seule fois.

J'ai pris mes piles, je les ai posées sur le comptoir et j'ai sorti mon porte-feuilles. Le caissier est resté à me regarder sans rien dire pendant un bon moment, puis il a scanné mes piles. Il a dit « 21, 75. » d'une voix hachée, comme si le seul fait de prononcer ces mots lui avait demandé un effort énorme. Je lui ai donné trois billets de 10, et il m'a rendu ma monnaie en répétant : « 21. 75. ». Je lui ai dit « Au revoir » et il a encore répété « 21… 75. ».

Je me suis tiré d'ici aussi vite que j'ai pu. Les habitants de cette ville sont-ils devenus encore plus débiles pendant que j'avais le dos tourné ?

13 mai 2015

9:15 P.M. Je ne suis pas sorti de la journée. Je ne sais pas trop pourquoi. Chaque fois que je vais vers la porte en me disant : « allez, au moins histoire de respirer de l'air pur », un mécanisme se bloque en moi et je n'arrive même pas à l'ouvrir.

J'ai essayé d'appeler Becky. Le téléphone a sonné une fois… et puis plus rien. J'ai écouté le silence pendant trente secondes et j'ai raccroché sans comprendre.

10:41 P.M. Mon téléphone a sonné tout à l'heure. Un numéro inconnu. J'ai répondu sans réfléchir.

« Allô ?

- Allô ? Qui êtes-vous ?

- C'est vous qui m'avez appelé. Qui êtes-vous ?

- Oh, désolé, je me suis trompé de numéro. »

Et il a raccroché. C'est étrange. Mon numéro est sur liste rouge depuis que j'ai emménagé et je ne l'ai communiqué qu'à deux personnes. J'imagine qu'un faux numéro est toujours possible, mais… À cette heure-ci ?

11:00 P.M. Nouveau coup de fil. Encore un numéro inconnu. Cette fois-ci, j'ai décroché, mais je n'ai rien dit. C'était la voix de Becky.

« Brandon ?

- Oh, c'est toi.

- Bien sûr, qui d'autre ? Oh, le numéro… Je suis à une fête chez des amis sur la septième rue. Je suis tombé à court de batterie quand tu m'as appelé. J'appelle avec un portable qu'on m'a prêté.

- Ah, OK.

- Où es-tu ?

- Chez moi, à la maison. Désolé d'avoir appelé si tard, je n'avais pas vu l'heure.

- Tu devrais nous rejoindre.

- Non… Je le sens pas trop d'aller chez des inconnus en pleine nuit. Et puis, j'ai plein de travail.

- Oh, allez ! Je peux passer te prendre en voiture, si tu veux. T'es pas loin de la septième rue ?

- T'as bu ce soir ? Tu sais où j'habite.

- Oh, oui, bien sûr. Eh bien, je peux passer te prendre à pied, non ?

Je suis resté silencieux quelques secondes. Elle avait oublié où j'habitais ?

- Tu peux si tu veux perdre quarante minutes.

- Ah, oui. OK, je dois y aller. Bon courage pour ton travail. »

Je sais pas pourquoi, mais toute cette conversation m'a paru bizarre. Becky avait l'air… Je sais pas. Peut-être que c'était juste qu'elle avait bu -c'était une fête. Peut-être que tout cette histoire avec Vlad m'a rendu parano. Non, non, il y avait définitivement quelque chose de pas normal...

Oui, c'est ça ! Si elle était à une fête, pourquoi tout était aussi silencieux autour d'elle ? Enfin, ça veut rien dire. Peut-être qu'elle était juste sortie pour passer un coup de fil. Mais alors, pourquoi je n'ai pas entendu le vent, ou la circulation, ou je sais pas quoi ?

Il faut que je me calme. Ça fait trop longtemps que je suis pas sorti. Mais j'ose pas. À croire que je deviens agoraphobe.

14 mai 2015

3:12 A.M. J'ai reçu un e-mail. Il n'y avait pas d'objet, et il a apparemment été envoyé à un grand nombre d'adresses, toutes en ville. Ça disait juste :

couté les nombres ne leur faites pas confiance ils

Qu'est-ce que ça veut dire ?!? Normalement, j'aurais simplement cru à du spam ou a un virus ou je sais pas quoi, mais… Merde, je sais pas.

Les nombres ? Bon sang, si c'était Vlad qui m'avait envoyé ce message ?

Non, non, non, c'est pas possible.

5:10 A.M. Je me suis endormi sur mon bureau sans m'en rendre compte. J'ai été réveillé par la sonnette de la porte. Je me suis levé pour aller voir qui c'était.

Becky. Ça m'a soulagé de la voir, même si c'était juste par la caméra de surveillance de mon perron.

« Hé, c'est moi. Tu peux m'ouvrir ? »

J'ai posé la main sur le verrou, mais je me suis arrêté aussitôt. Quelque chose clochait.

Pourquoi le détecteur que j'ai installé sur le portillon ne s'était pas déclenché ? Il aurait dû envoyer une alarme sur mon ordinateur.

Il n'y a pas d'autres accès à la maison que par le portillon. J'imagine mal Becky escalader l'enceinte.

Je n'ai pas ouvert. J'ai reculé. La poignée s'est mise à tourner. Becky (?) a tenté d'ouvrir la porte, d'abord gentiment, puis plus violemment.

Je suis retourné rapidement à mon ordinateur pour vérifier les caméras, notamment celle donnant sur l'extérieur de la porte d'entrée. Il n'y avait personne. Je suis resté là, stupéfait. Je n'entendais plus de bruit depuis la porte. Je suis revenu vérifier que tous les verrous étaient toujours en place et j'ai passé le reste de la journée enfermé devant mon ordinateur. Je n'ai même plus osé sortir de mon bureau, même pas pour pisser.

Ça va pas, bordel, ça va pas.

15 mai 2015

6:58 A.M. J'ai appelé Becky aujourd'hui. Elle a commencé par me dire qu'elle a essayé de m'appeler plusieurs fois depuis avant-hier. Elle n'a pas parlé de ce qui est arrivé hier. Elle avait l'air inquiète, en tous cas.

Au bout d'un moment, elle a commencé à poser des questions de plus en plus étranges. Elle m'a demandé si je prenais de la drogue. Je lui ai dit que non, évidemment, à part la caféine. Elle a dit quelque chose à propos d'une couleur et de nombres, mais la communication passait mal. Et puis tout à coup, elle m'a demandé :

« Quand reviendras-tu à la station ?

- Quoi ?

- Reviens à la station. »

Et la communication à coupé.

La station ? La station ?!? Bordel.

Peut-être que je deviens dingue. Peut-être que c'est son but.

Qu'as-tu fait, Vlad ? Bordel de merde, qu'as-tu fait ?!

Une brève histoire des stations de nombresModifier

L'un des plus intéressants mystères des XXèmes et XXIèmes siècles, les stations de nombres sont des stations d'émissions à ondes courtes caractérisées par l'étrangeté de leurs émissions. En effet, loin d'émettre de la musique ou de simples talk-shows comme les radios ordinaires, celles-ci diffusent de manière irrégulière des séries de nombres, prononcées le plus souvent par une voix synthétisée. Certaines entrecoupent ces chiffres de lettres prononcées en alphabet OTAN (Alpha, Kilo, Lima, etc), ou de messages incompréhensibles en morse. Leur usage demeure, pour la majeure partie de ces stations, inconnu du grand public.

L'origine des stations de nombres fait débat parmi les experts et les radioamateurs. L'album The Conect Project, qui en enregistra un grand nombre, affirme qu'elles apparurent durant la Première Guerre Mondiale. Si cette hypothèse -minoritaire- est vraie, cela signifie que les stations de nombres comptent parmi les premières transmissions radio. La plupart des spécialistes du sujet, cependant, pensent que leur origine remonte à la Seconde Guerre Mondiale. Il est certain en tous cas que leur nombre a grandement augmenté au cours de la Guerre Froide.

En effet, une théorie récurrente est que les stations de nombres sont utilisées à des fins d'espionnage, transmettant ainsi à des agents secrets leurs ordres de façon codée. Cette théorie fut confortée dans les années 2000, lorsque le ministre de l'intérieur tchèque et le service de sécurité suédois avouèrent s'être servi de stations de nombres situées en Tchécoslovaquie durant la Seconde Guerre Mondiale à des fins d'espionnage à l'encontre du régime nazi.

Mais pour la majeure partie des stations de nombres -dont une bonne partie sont toujours en activité, notamment en Russie malgré l'effondrement du bloc soviétique et la fin de la Guerre Froide-, le mystère demeure entier. Le message diffusé par plusieurs d'entre elles ne semble pas pouvoir être déchiffré.

Plus étrange encore, certaines stations ne diffusent que rarement des nombres ou tout autre message compréhensible, dédiant le reste de leurs émissions à d'étranges sonorités dont la fonction laisse les experts plus que perplexes.

L'un des exemples les plus célèbres est UVB-76, surnommée le « Buzzer » du fait du son électrique et irritant, très semblable à celui d'une scie ou d'une tronçonneuse, qu'elle diffuse quasiment en permanence. Le Buzzer diffuse ce même son de bourdonnement non-stop, vingt-cinq fois par minute, depuis au moins 1982, et ce pratiquement sans interruption. Aucun gouvernement, agence ou laboratoire de recherches n'en a jamais admis la paternité, et son utilité n'a jamais été dévoilée. Certains ont cependant émis l'hypothèse que cette émission à pour but la mesure constante des propriétés dynamiques de l'ionosphère. Cela expliquerait tout, du fait que la même sonorité est utilisée constamment au fait que la station émette non-stop depuis plus de trente ans. Tout, sauf deux choses : que signifient alors les messages communiqués à intervalles irréguliers -et avec de plus en plus de fréquence depuis septembre 2010-, et surtout, pourquoi réaliser ce genre d'expériences en secret ?

Citons également la Backward Music Station, également connue sous le nom de Whalesong. Contrairement à ce que son nom indique dans la langue de Shakespeare, elle ne diffuse aucunement de musique à l'envers, guère plus que de chant de baleine. Le son qu'elle émet est en réalité plus proche d'une litanie de sonorités déformées et incohérentes. Plusieurs spécialistes estiment qu'en fait cette cacophonie est une tentative sophistiquée de dissimuler le véritable signal dans du bruit qui en rendrait la détection -et plus encore l'identification- difficile. Ce signal apparaît sur plus d'une fréquence, l'une provenant des USA, l'autre d'Europe. Ces signaux, d'après certains, sont semblables à ceux utilisés par l'US Navy… mais à des kilomètres de la mer.

Alors qu'en est-il vraiment de ces étranges stations à l'inquiétant contenu ? S'agit-il de messages gouvernementaux codés ? De quelque blague de potaches ? D'une expérience scientifique ? De quelque chose de plus insidieux encore ?

Notes d'EguesoeModifier

Mon vieux professeur de physique statistique disait en plaisantant qu'on a inventé les mathématiques uniquement pour qu'elles servent dans le cadre de la physique. Il était loin de la vérité. Les mathématiques ont en fait été inventées comme base pour que l'on bâtisse l'univers.

C'est cela que j'entends démontrer. C'est cela également que les imbéciles du MIT refusent de comprendre. Les physiciens, jusqu'ici, n'ont fait qu'étudier une seule goutte d'eau de l'océan qui nous entoure. Seul Andreï Linde avait eut vaguement conscience de l'incroyable immensité de ce qui nous entoure sans que nous en ayons conscience. Mais même lui n'a su tester cette hypothèse.

Quelle chance inouïe que la découverte de cette anomalie. Je vais commencer les analyses dès cet après-midi. Je ne peux m'empêcher d'imaginer la réaction de cet abruti de Montgomery s'il savait… Nul doute qu'il aurait trop peur pour procéder. L'impact, les conséquences le terrifieraient.

Bah ! Si le voile doit être percé, il le sera. Comme l'a dit le grand Isaac Asimov : « Si le savoir peut causer des problèmes, ce n'est pas l'ignorance qui les résoudra. » !

Soit :

Lp = 1,616252 x 10-35 m

Tp = 5,39106(32) x 10-44 s

L'expérience du 27/02 nous indique que :

E = 3x10-27 e

il en résulte que :

E hv

Je l'ai fait. J'ai brisé la constante. Maintenant, tout peut arriver.

Il me reste tant à faire ! Et je suis seul, à présent que Brandon ne veut plus rien avoir à faire avec moi. Cet homme, que je croyais au-delà des superstitions, a peur. Il croit probablement aux momeries qu'assène à longueur de journée Isaac Littleton. Tant pis pour lui !

Planck avait raison et tort tout à la fois. Son « ère de Planck » a bien eu lieu. Ce qu'il n'a pas compris, c'est qu'elle continue encore.

Les expériences préliminaires sont un franc succès. C'était inévitable. Après tout, il n'est pas de loi qui ne peut être enfreinte.

L'émission commence demain. De penser que même la loi de causalité n'aura plus court… Cela me fascine et me terrifie tout à la fois.

Je n'ai plus qu'à terminer mon sac et je m'en irais. Quand tout sera terminé, je pourrais enfin quitter ce taudis. J'en ai plus qu'assez des péquenauds du coin.

Je crois que je me servirai de l'argent du Nobel pour me faire construire une maison avec tout le confort en Alaska. Dans un coin où il n'y a personne, sauf peut-être des saumons et des ours qui, de toutes façons, sont moins stupides que les humains.

Même moi j'ai du mal à réaliser la portée de ce que je fais. Il s'agit rien de moins que de déterminer la nature même de l'espace-temps… et l'influencer ! D'imaginer tout ce que l'on pourrait faire avec un tel savoir… D'imaginer combien de champs de recherches verront leurs perspectives s'étendre… Ça me donne le vertige.

Jusqu'ici, le multivers n'était rien de plus qu'une hypothèse, un exercice de pensée pour égayer les discussions métaphysiques. Mais maintenant… Maintenant… C'est bien simple : autant considérer que les lois de la physique sont nulles et non avenues.

Dossier médicalModifier

Symptômes :

- Saignement de nez

- Migraine

- Vue trouble

- Hallucinations auditives (le patient est convaincu d'entendre du bruit blanc « comme à la radio »)

- Hallucinations olfactives (odeurs de brûlé ou de pourriture)

- Saignement auriculaire (dans les stades les plus avancés)

Les patients semblent aussi avoir des problèmes de mémoire. Ils se rappellent des choses différemment de la réalité. À creuser.

ÉvénementsModifier

À mesure que les PJs investiguent Huffington -et à mesure que les expériences de Eiguesoe affectent la réalité-, des choses étranges se produiront autour d’eux.

- Des détails basiques changent. La couleur d'une maison, l'agencement d'une pièce… Au fur et à mesure que le temps passe et que l'enquête des PJs progresse, ces détails deviennent de plus en plus importants.

- Tous les arbres de la ville sont morts et dépourvus de feuilles. Puisque c’est l’hiver, la chose n’est pas si étrange. Le fait que tous les sapins aient été abattus l’est un peu plus, cependant. Au bout d’un certain temps, les PJs se rendront compte qu’aucun habitant d’Huffington ne porte de vert, et que des objets et bâtiments anciennement verts ont été repeints dans une autre couleur. Il ressortira éventuellement que les habitants n'aiment pas le vert, méprisant jusqu'à l'usage de ce mot.

- Les chambres d'hôtel des PJs sont complètement refaites à neuf chaque fois qu'ils y retournent, même quand ils ne se sont absentés que quelques minutes. Pourtant, jamais aucune femme de ménage n'est observée y entrer… d'autant qu'il n'y en a aucune d'employée par l'hôtel.

- Il n'y a aucun enfant en ville.

- Les drapeaux à l'hôtel de ville flottent dans le sens opposé à la direction du vent.

- Il n'y a pas le moindre insecte en ou autour de la ville. Au début, cela se remarque à peine -encore une fois, nous sommes en hiver-, mais lorsque les PJs découvriront des cadavres sans le moindre nécrophage, ce fait crèvera les yeux.

- Dans un bar, la radio n'émet pas de musique, mais uniquement du bruit blanc. Si l'un des PJs le fait remarquer au barman, celui-ci change la fréquence sur une chaîne quelconque sans faire le moindre commentaire.

- À la bibliothèque, certains livres célèbres racontent une histoire différente. Exemple : la Bible parle de la pendaison du Christ.

- Lors de la deuxième visite à la bibliothèque, les livres ne contiennent plus qu'une série de nombres.

- À plusieurs reprises, les PJs trouvent sur leur chemin un épouvantail. Celui-ci est délibérément placé pour leur donner des indices (indiquer la route à suivre, être assis au volant de la seule voiture qui fonctionne, etc).

- Dans une maison abandonnée de récente date, il y a une bouilloire posée sur une plaque allumée. À l'intérieur, l'eau s'est figée en glace.

- Un chat dans une ruelle s'approche d'un des PJs et déglutit un morceau de chair avant de disparaître. Il revient ensuite une fois par jour, et chaque jour crache un autre morceau de chair : poumons, foie, estomac… Finalement, le chat apparaît une dernière fois, crache un cœur, puis s'effondre, mort. Si les PJs inspectent le corps, ils s'aperçoivent que celui-ci est vide de ses organes internes.

- Les plaques de rue changent, et certaines prennent même le nom de personnes supposément célèbres n'ayant en fait jamais existé.

- Lorsque les PJs interrogent l'un des villageois au sujet de Brandon Mayhew, celui-ci leur répond : « Oh, Brandon. Il est écrivain pour la télé, je crois. Toujours à raconter et à croire à des trucs pas possibles. Complètement parano, si vous voulez mon avis. ». Si les PJs interrogent quelqu'un d'autre sur le même sujet, celui-ci répondra exactement la même chose au mot près. En fait, tout le monde au village fera de même, et feindra de ne pas comprendre si les PJs le font remarquer.

- Durant toute une journée, les PJs n'auront pas d'ombre dès qu'ils seront à l'extérieur.

- Un PJ achète une cannette. Elle s'avère en fait contenir du sang ou de l'essence.

- Si les PJs essayent de quitter la ville, ils se retrouveront au cœur d'une épaisse purée de pois. En continuant à suivre la route (et même s'ils coupent à travers champ, d'ailleurs), il se retrouveront de nouveau à Huffington, par le même accès qu'ils avaient pris en arrivant.

- Des oiseaux (corbeaux ?) sont retrouvés régulièrement au pied d'un des murs de la bibliothèque, le cou brisé. Après étude, il s'avère que ces bêtes volent délibérément dans le mur jusqu'à se tuer.

- Les PJs tombent sur le corps d'un chien mort de fraîche date. Puis un autre. Puis encore un autre. Bientôt, les PJs s'aperçoivent que tous les chiens de Huffington sont morts. Une analyse de leurs cadavres indiquent que leurs tympans ont été percés et qu'ils sont décédés d'une hémorragie cérébrale. Cette mort particulièrement atroce a été provoquée par un ultrason (émis en continu par la station).

- À partir du troisième jour, les habitants d'Huffington commencent à disparaître, ne laissant derrière eux que leurs vêtements. Au sixième jour, la ville est déserte.

- Les PJs trouvent une pièce plongée dans la pénombre. Le sol est étrangement collant et il règne une odeur putride. Un inquiétant bruit de cliquetis provient du coin le plus sombre de la pièce. Si les PJs s'y dirigent et qu'ils l'éclairent, ils découvriront une pile de cadavres, et réaliseront alors que cet étrange matériau collant qui tapisse le sol est de la chair humaine et du sang en décomposition. Pire encore, l'origine du bruit s'avère être un homme claquant des dents alors qu'il s'arrache la peau pour la jeter au sol. L'homme est dans un état second et ne réagira pas si les PJs tentent d'interagir avec lui.

- L'un des rayons de l'épicerie ne contient que des produits ayant largement dépassé leurs dates de péremption. Si les PJs reviennent plus tard, les choses empirent encore : la viande est remplacée par un autre type de viande non-identifié (de l'humain et des morceaux de tentacules), les fruits sont dévorés de vers, les bouteilles sont remplies d'araignées...

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